Afin de soulager les douleurs sévères récentes, dites aiguës, l’utilisation des opioïdes (ex : la morphine) demeure encore aujourd’hui le premier choix de traitement. Bien que très efficaces pour contrer ce type de douleur, leur utilisation à long terme peut entraîner le développement d’effets secondaires indésirables importants, tels que des dépressions respiratoires, des nausées, des problèmes gastro-intestinaux et de la dépendance.
but
À ce jour, les opioïdes prescrits en clinique ciblent principalement le récepteur aux opioïdes de type Mu (MOPr) procurant ainsi les effets bénéfiques recherchés (anti-douleur), mais aussi, par la même occasion, la panoplie d’effets indésirables. En plus du MOPr, la famille des récepteurs opioïdes comprend deux autres membres principaux soit les récepteurs de type delta (DOPr) et kappa (KOPr), qui sont également en mesure d’engendrer des effets analgésiques (anti-douleur) lorsqu’ils sont activés. L’objectif de cet article est de présenter les différents types de modèles murins (de souris) pour l’étude des récepteurs opioïdes ainsi que de discuter des perspectives d’avenir de ces outils.
méthodologie
L’équipe de recherche présente une revue des nombreux modèles de souris génétiquement modifiés qui sont présentement à disposition pour étudier la localisation et les fonctions des différents membres de la famille des récepteurs aux opioïdes. Cette publication met également en évidence les avantages et les limites de chaque modèle, en plus de proposer plusieurs perspectives pour le futur de la recherche dans ce domaine.
résultats
Depuis plusieurs années, les laboratoires des Prs. Louis Gendron et Jean-Luc Parent s’intéressent principalement au DOPr, une cible thérapeutique prometteuse pour le traitement de la douleur persistante, étant donné son activation qui est associée à beaucoup moins d’effets secondaires. L’article présenté ici est aussi en lien avec une récente publication qui rapportait la caractérisation d’un de ces nouveaux modèles murins pour l’étude du DOPr. Dans cette dernière publication, l’équipe de recherche a utilisé cette lignée de souris nouvellement générée, afin de développer une approche novatrice permettant l’identification de plusieurs protéines interagissant avec le DOPr au niveau du cerveau (Figure). L’identification de ces protéines modulant potentiellement la structure, la localisation et les fonctions du DOPr représente une étape cruciale vers notre compréhension des processus cellulaires impliqués dans les voies liées à la douleur, ainsi que dans la tentative ultime de cette équipe de recherche à développer des analgésiques puissants et mieux tolérés pour traiter les douleurs persistantes.

Chaque partenaire d’interaction identifié exerce potentiellement un rôle dans la régulation de la localisation et de la signalisation du DOPr, modifiant ainsi ses fonctions physiologiques, dont ses effets analgésiques (anti-douleur).
à retenir
L’impact significatif de cette publication a d’ailleurs été reconnu à de maintes reprises. La génération de ce modèle murin unique ouvre également la voie à de multiples perspectives qui sont discutées dans l’article sélectionné.
