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Estelle Carde

Ph.D. (docteur), M.D. (médecin),  Membre régulier
Expertise
Autre
Intérêt principal
Autre
Intérêt secondaire
Autre
Affiliation primaire

Université de Montréal

Affiliation secondaire
Le Centre de recherche de Montréal sur les inégalités sociales, les discriminations et les pratiques alternatives de citoyenneté (CREMIS)

Biographie

Diplômée en sciences sociales (sociologie et anthropologie) et en médecine (spécialisée en santé publique), Estelle Carde est professeure de sociologie à l’Université de Montréal. Ses recherches portent sur les inégalités sociales de santé. Elle co-dirige l’axe santé-inégalités du CREMIS (Centre de recherche de Montréal sur les inégalités sociales, les discriminations et les pratiques alternatives de citoyenneté). Dans le champ de la douleur chronique, elle s’intéresse en particulier aux inégalités sociales dans la crédibilité des personnes qui déclarent vivre avec de la douleur.

Comment avez-vous choisi d’étudier dans le domaine de la douleur?
La douleur chronique est un riche sujet d’étude pour la sociologue que je suis. Elle est en effet, comme du reste toute autre maladie, un fait social : ses causes (y compris la chronicisation d‘une douleur aiguë), ses conséquences (physiques, mentales et sociales) et même son expérience (via notamment les soins auxquels on accède mais aussi tout simplement le sentiment d’être cru-e dans sa plainte de douleur) sont façonnées par la vie en société. Elle est aussi, par conséquent, traversée d’inégalités sociales (socio-économiques, genrées, raciales, etc.) qu’il me semble important, au nom de la justice sociale, de révéler et décrypter. Enfin, j’ai conservé de mes études de médecine un intérêt pour la compréhension physiopathologique des maladies et pour les stratégies destinées à les prévenir et les soulager. Or la douleur offre à ces égards un défi particulier : son vécu éminemment subjectif met en défaut le modèle biomédical plus manifestement que ne le font d’autres maladies courantes. Le décryptage de l’incorporation biologique du social dont la douleur chronique est le produit offre ainsi un passionnante mise à l’épreuve du modèle biopsychosocial.