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L’attente pour recevoir des services de gestion de la douleur a-t-elle un impact sur le résultat final?

La plupart d’entre nous ont déjà attendu au moins une fois quelques heures pour recevoir des soins pour une infection de la gorge ou un autre problème de santé. Qu’en est-il des problèmes de santé complexes, qui se prolongent dans le temps et nécessitent différents types de traitements de la part d’un grand nombre de spécialistes de la santé?

But

Les maladies rhumatismales comme la polyarthrite rhumatoïde, l’arthrose ou la fibromyalgie touchent 1 personne sur 5 en Amérique du Nord et en Europe. Quel est le point en commun de toutes ces maladies? La douleur. La douleur est un aspect important de l’invalidité liée à ces maladies. Dans les cliniques multidisciplinaires de traitement de la douleur, les spécialistes de la santé s’efforcent d’améliorer la qualité de vie des personnes vivant avec ces maladies chroniques, tout en combinant des interventions pharmacologiques (médicaments) et non pharmacologiques (exercice, thérapie cognitivo-comportementale, autogestion). Malheureusement, le temps d’attente pour avoir accès à ces cliniques peut être de plusieurs mois, voire de plusieurs années. Dans cette étude, les scientifiques voulaient comprendre comment le temps d’attente pour bénéficier de ces cliniques a-t-il un impact sur les résultats du traitement. En d’autres mots, le temps d’attente a-t-il un impact sur la mesure dans laquelle l’état des personnes s’améliorerait avec le traitement?

Méthodologie

Donc, les scientifiques ont utilisé des données recueillies entre 2008 et 2014 dans le cadre du Registre Québec douleur. Cette base de données comprend les données des personnes vivant avec de la douleur chronique non cancéreuse qui recevaient des services de santé dans des cliniques multidisciplinaires de traitement de la douleur. Les données de ce registre ont été filtrées et les personnes atteintes de maladies rhumatismales ont été divisées en trois groupes selon le temps attendu pour recevoir des services dans une clinique de traitement de la douleur soit : moins de 2 mois, 2 à 6 mois et plus de 6 mois. L’équipe de recherche voulait savoir si les résultats cliniques (interférence de la douleur avec la vie quotidienne, intensité de la douleur et qualité de vie) différaient d’un groupe à l’autre.

Résultats

L’équipe de recherche a analysé les données de 3 230 patientes et patients vivant avec l’arthrose, la fibromyalgie, la polyarthrite rhumatoïde ou d’autres maladies rhumatismales. En général, les personnes qui ont attendu plus longtemps pour recevoir des soins présentaient des améliorations moins importantes avec le traitement que celles qui ont reçu un traitement après deux mois d’attente. Ces différences dans le niveau d’amélioration n’étaient pas cliniquement importantes, mais il y avait néanmoins plus de personnes présentant des améliorations dans le groupe ayant attendu moins de 2 mois pour recevoir des soins que dans les autres groupes. Ces résultats étaient plus importants pour les personnes atteintes de fibromyalgie ou d’arthrose.

À retenir

Selon les résultats obtenus dans cette étude, un temps d’attente plus long peut conduire à des améliorations cliniques moins grandes. Des efforts supplémentaires semblent donc nécessaires pour élaborer des stratégies visant à réduire les temps d’attente pour recevoir des soins de santé (p. ex. des interventions d’autogestion, des stratégies de priorisation), afin de mieux répondre aux besoins des personnes vivant avec de la douleur, y compris celles qui atteintes de maladies rhumatismales.

En savoir plus

Accès aux données du Registre Québec douleur