En général, nous entendons souvent parler des avantages de l’exercice physique pour atténuer la douleur et améliorer notre vie quotidienne. Pour faire face à la douleur lombaire ou d’autres types de douleurs, il est souvent recommandé de rester actif et de consulter un physiothérapeute ou un ergothérapeute, qui établiront un plan traitement avec de l’activité physique ou nous apprendront à mieux bouger pour réduire le niveau de douleur. Cependant, si l’exercice peut atténuer la douleur, bouger peut dans certains cas l’aggraver. Lorsque nous ressentons de la douleur, cela peut nous empêcher de continuer à faire de l’exercice et de contribuer à la gestion de la douleur.
But
Notre sensibilité à l’activité physique (SAP), ou la douleur ressentie après un effort physique peut empêcher les personnes de continuer à faire de l’exercice physique. Toutefois, cette sensibilité à l’exercice peut-elle être mesurée autrement que par des questionnaires autodéclarés? Les scientifiques ont voulu déterminer quels biomarqueurs objectifs et mesurables pouvons-nous utiliser pour identifier une personne susceptible de ressentir de la douleur après une tâche physique et ce qu’il advient de ces caractéristiques biologiques lorsque nous ressentons de la douleur après avoir accompli des mouvements quotidiens. L’équipe de recherche souhaitait savoir si l’interleukine-6 (IL-6) (un marquer de l’inflammation) ainsi que le cortisol (un marqueur du stress) pouvaient expliquer quelles personnes éprouveront de la douleur.
Méthodologie
De juin 2018 à mai 2019, l’équipe de recherche basée à l’Université McGill a invité 27 personnes avec de la douleur au bas du dos et 21 personnes « contrôle » sans douleur à venir au laboratoire et à remplir une série de questionnaires. Les participant.e.s devaient aussi effectuer des mouvements standardisés, notamment soulever des choses, faire des étirements ou d’autres tâches qui imitent les activités de la vie quotidienne (comme balayer ou déballer les courses). L’objectif était de mesurer l’évolution globale de la douleur au cours de la séance d’exercice. Les participant.e.s ont également fourni des échantillons de salive pour que les niveaux d’IL-6 et de cortisol puissent être mesurés. Les niveaux de cortisol ou de stress n’ont pas été associés aux changements dans l’évaluation de la douleur avant et après la séance d’exercice physique.
Résultats
Les personnes avec de plus hauts niveaux d’IL-6 dans leur salive présentaient aussi des hausses plus importantes de la douleur après avoir accompli des tâches d’activité physique. Comme il a été démontré qu’IL-6 est un biomarqueur de la réaction de l’organisme (inflammation) à un événement indésirable, la sensibilité à l’activité physique (SAP) est associée à l’intensité de l’inflammation dans le corps après l’effort physique. Ainsi, un moyen pour diminuer la sensibilité à l’activité physique serait de réduire l’inflammation. Cela permettra d’augmenter l’adhésion aux programmes de réadaptation physique. Le niveau de cortisol ou de stress n’a pas été associé aux changements dans l’évaluation de la douleur avant ou après la séance d’exercice physique.
À retenir
Un biomarqueur facile à mesurer dans la salive, comme l’IL-6, aidera les spécialistes de la santé à déterminer si une personne est plus ou moins susceptible d’éprouver de la douleur après un exercice physique et ainsi adapter le plan de traitement selon l’individu. L’équipe de recherche propose de réfléchir à des stratégies potentielles comme le renforcement des émotions positives, l’amélioration de la qualité du sommeil, la combinaison de l’exercice physique à des médicaments anti-inflammatoires pour diminuer l’inflammation et donc l’IL-6. Ainsi, les personnes avec de la douleur pourront toujours profiter des programmes de réadaptation physique.
