La douleur neuropathique apparaître en cas de lésion ou de maladie du système nerveux. Ce type de douleur peut être causée par la consommation excessive d’alcool, le diabète, le zona, les infections par le VIH et bien d’autres. On estime que 7 à 10 % de la population générale vit avec de la douleur neuropathique, qui peut avoir un impact considérable sur la qualité de vie. Une douleur foudroyante, brûlante ou lancinante, des picotements et des engourdissements sont quelques exemples de symptômes les courants de la douleur neuropathique. La douleur peut être spontanée ou provoquée par un effleurement léger.
But
La douleur neuropathique peut entraîner de nombreux coûts directs en indirects liés aux soins de santé nécessaires. Ainsi, les personnes touchées par ce problème de santé ont besoin de moyens de préventions, de traitement et de guérison appropriés. Il existe actuellement quatre classes de traitements pharmacologiques recommandées. Différents antidépresseurs et antiépileptiques sont recommandés pour la première approche (première ligne). Les opioïdes plus légers comme le tramadol sont administrés en deuxième ligne et enfin les opioïdes plus puissants sont prescrits en troisième ligne. Cependant, très peu d’études ont permis de comparer les différents médicaments proposés pour gérer la douleur neuropathique et déterminer quel est le meilleur plan d’action. Dans cette étude, les scientifiques visaient à examiner l’évolution clinique des personnes suivies pour douleur neuropathique à qui l’on a prescrit des médicaments et comparer l’efficacité de ces interventions pharmacologiques. En d’autres termes, quel a été l’effet sur la douleur et quel était le meilleur médicament pour la douleur neuropathique?
Méthodologie
944 personnes avec de la douleur neuropathique depuis plus de trois mois ont été sélectionnées parmi les personnes patientes inscrites au Registre Québec douleur (RQD). Les personnes ont rempli une série de questionnaires autorapportés sur l’intensité de la douleur et la façon dont elle interfère avec leur vie de tous les jours, la qualité de sommeil, la tendance à la catastrophisation (dramatisation) liée à la douleur, la dépression et la qualité de vie liée à la santé physique et mentale. Les informations médicales comme la durée de la douleur et le diagnostic ont été recueillies par des infirmiers et infirmières selon un protocole d’entretien structuré. Les personnes inscrites au RQD ont ensuite suivi différentes options de traitement en fonction de leur profil clinique et elles étaient suivies six mois plus tard. Afin d’évaluer l’impact des médicaments sur l’évolution de l’intensité de la douleur et l’impact sur la qualité de vie, l’équipe de recherche a comparé les informations recueillies à ces deux visites.
Résultats
Dans ce contexte clinique réel, les scientifiques ont évalué l’impact des antidépresseurs et des antiépileptiques utilisés pour traiter la douleur neuropathique, ainsi que des opioïdes plus légers ou plus puissants. L’objectif était de déterminer quel type de médicament avait un meilleur résultat sur la progression de la douleur neuropathique après six mois de traitement. Les résultats de l’étude démontrent que les personnes ayant reçu des prescriptions d’opioïdes plus puissants ont connu une amélioration moins importante dans l’intensité de la douleur que les personnes à qui l’on a prescrit un autre type de médicament. De plus, qu’une personne sur dix a vu une nette amélioration de sa douleur après six mois de traitement avec des opioïdes puissants. Ces résultats ont été obtenus même en tenant compte des facteurs potentiels de confusion comme l’âge, le sexe, la durée de la douleur, l’intensité initiale de la douleur et les coprescriptions. Bien que la recherche indique que les opioïdes puissants soulagent la douleur chez quelques personnes avec de la douleur neuropathique, il est difficile de prévoir qui sera le plus susceptible de bénéficier de ces médicaments, principalement prescrits aux personnes présentant un faible risque de trouble lié à l’utilisation de substances.
À retenir
En ce qui concerne le traitement de la douleur avec des médicaments, les approches de première et deuxième ligne sont recommandées avant de prescrire des opioïdes plus puissants (troisième ligne) pour soulager la douleur neuropathique. Les prescriptions d’opioïdes plus puissants doivent être soigneusement repensées après 12 semaines de prescription. Il est toujours difficile d’identifier les patientes et patients vivant avec des douleurs neuropathiques qui pourraient bénéficier d’opioïdes. Davantage d’études sont requises pour bien évaluer les risques liés à l’utilisation de ce type de médicaments.
