Les troubles temporo-mandibulaires entraînent des douleurs et un dysfonctionnement des muscles de mastication, qui contrôlent le mouvement de l’articulation de la mâchoire. Ce groupe de troubles touche entre 5 et 10 % de la population mondiale.
But
La plus grande étude sur les troubles temporo-mandibulaires douloureux (TTMd), qui a évalué la douleur dans l’articulation et de la tempe, a permis d’identifier trois catégories de patientes et patients présentant des symptômes similaires. Les voici :
- adaptatif (A) : les personnes avec une tolérance élevée à la douleur et qui ne présentent pas de symptômes psychologiques,
- sensible à la douleur (SD) : les personnes avec une sensibilité élevée à la douleur et moins de symptômes psychologiques, et
- symptômes globaux (SG) : les personnes avec une sensibilité élevée à la douleur et des symptômes psychologiques
Faez Saleh Al-Hamed, Aurelio Alonso, Daniela Vivaldi, Shad Smith et Pre Carolina Beraldo Meloto ont souhaité comparer les caractéristiques cliniques et psychologiques des personnes en attente de soins et qui étaient situées dans ces différents groupes de douleur. Autrement dit, quelles sont les différences cliniques et psychologiques entre les personnes de ces trois groupes?
Méthodologie
Dans cette étude, les scientifiques font appel aux données des dossiers médicaux de patientes et patients du Centre Duke Innovative Pain Therapy Centre en Caroline du Nord, aux États-Unis, recueillies entre août 2017 et avril 2021. Ces données comprenaient des évaluations relatives au visage et à la douleur faciale, des informations sur la mâchoire et des caractéristiques psychologiques telles que les mesures de stress, d’anxiété, de dépression, de perception de l’auto-efficacité à gérer sa douleur et autres. Les patientes et patients ont été groupés selon un algorithme bien établi (l’algorithme Rapid OPPERA (ROPA)).
Résultats
Cette étude a été menée auprès de 131 patientes et patients [A : n=54 (41,2 %); SD : n=49 (37,4 %); SG : n=28 (21,4 %)]. Les personnes du groupe SD présentaient un plus grand nombre de douleurs au niveau des articulations et des muscles qui aident à mastiquer ainsi que les muscles cervicaux, la douleur augmentait lors du toucher également. Les personnes du groupe SG présentaient des scores plus élevés de douleur sévère et de stress, ainsi que de la douleur continue. Les résultats permettent de soutenir l’idée que, par rapport aux personnes appartenant au groupe A et qui ont une tolérance élevée à la douleur et ne présentent pas de symptômes psychologiques, les personnes appartenant au groupe SG ont des caractéristiques cliniques et psychologiques moins bonnes. Les résultats démontrés par l’équipe de recherche ont permis de montrer que le groupe SD est un groupe de personnes qui ne présentent pas de symptômes psychologiques bien qu’ils soient hypersensibles à la douleur.
À retenir
Les différences constatées peuvent signifier qu’il y a des mécanismes distincts qui maintiennent la douleur chez les personnes appartenant à différents groupes et, en fin de compte, que des stratégies de traitement personnalisées pourraient être nécessaires pour mieux soigner ces patientes et patients. Cette étude permet de souligner l’importance de mener des consultations de manière holistique auprès des patientes et patients vivant avec des troubles temporo-mandibulaires douloureux. Cela inclut l’évaluation des symptômes de détresse psychologique. Les personnes qui éprouvent une détresse psychologique plus importante bénéficieront probablement de stratégies de traitement multidisciplinaire pouvant inclure des traitements psychologiques.
