La céphalée cervicogénique est un type de mal de tête dont la cause implique un trouble au cou et qui est caractérisée par une douleur ressentie d’un côté de la tête. Selon les études publiées, Jusqu’à 4,1 % de la population générale est atteinte de ce type de mal de tête. L’Ordre professionnel de la physiothérapie du Québec donne plus de détails sur leur blogue d’un point de vue fondé sur l’avis des professionnels et professionnelles de la santé. Dans l’article, il est d’ailleurs mentionné que les personnes stressées ou anxieuses éprouvent souvent ce type de céphalée, en raison des tensions musculaires au niveau du cou.
But
Afin de déterminer si la céphalée origine ou non de la colonne vertébrale cervicale, il existe un test physique permettant de documenter un trouble de mouvement spécifique à la partie supérieure du cou. Le test de flexion-rotation cervicale (TFRC) permet de vérifier si les mouvements du cou sont altérés, mais il ne donne pas nécessairement d’information sur la cause de la céphalée. Les professeurs Jean-Philippe Paquin et Yannick Tousignant-Laflamme ont donc exploré la valeur réelle des résultats du TFRC pour le diagnostic des céphalées cervicogéniques.
Méthodologie
Pour ce faire, les chercheurs ont donc rédigé cet article d’opinion basé sur leur expérience et leur expertise clinique en tant que physiothérapeutes, et les évidences issues d’une revue de la littérature, qui consiste à présenter et évaluer les articles scientifiques publiés en lien avec ce sujet.
Résultats
Bien que la valeur et la validité de ce test soit très bien documenté dans la littérature, deux enjeux importants peuvent alerter la validité du test de flexion-rotation cervicale.
1- La précision du critère pour déterminer si le test est positif ou négatif est imprécise. L’amplitude de mouvement n’est souvent pas mesurée à l’aide d’un outil fidèle et valide en clinique et la reproduction de douleur n’est pas considérée comme critère afin de déterminer que le test est positif. De plus, il existe de biais associés à ce test : quatre facteurs peuvent augmenter le risque de mauvaise interprétation des résultats, dont la présence de la douleur lors du test, l’âge du patient ou de la patiente, l’outil de mesure ainsi que les erreurs de diagnostic.
2- Le standard de référence utilisé pour valider le TFRC est l’examen biomécanique effectué par le clinicien ou la clinicienne, et consiste à faire des tests de mouvements passifs. Ce standard de référence présente certaines faiblesses en termes de validité, mais il existe peu d’alternatives sécuritaires et non-invasives.
À retenir
Le TFRC demeure un test cliniquement très utile, mais il nous apporte potentiellement davantage d’informations au sujet de la biomécanique cervicale plutôt qu’à propos de la cause exacte des symptômes. Il pourrait être intéressant d’utiliser le résultat du TFRC pour mieux orienter les patientes et les patients pouvant potentiellement répondre à une approche en thérapie manuelle chez les personnes souffrant de céphalées, plutôt qu’uniquement à des fins diagnostiques.
