L'influence du sexe du chercheur sur les résultats expérimentaux est une question qui a longtemps été négligée. Des chercheurs ont mis en évidence que ce paramètre est en fait une variable déterminante dans les résultats.
Polymnia Georgiou et ses collègues de l’Université du Maryland ont découvert que les réactions de leurs souris de laboratoire à la kétamine différaient selon le sexe des humains qui leur administraient le médicament.Les souris ont effectivement eu une plus grande réponse antidépressive à la kétamine lorsqu’elles étaient manipulées par des hommes. Cela a conduit Georgiou et ses collègues à conclure que l’effet du sexe était très spécifique à la façon dont la kétamine agit sur les souris. La présence d’expérimentateurs humains masculins, entraînait chez les souris davantage de signes d’anxiété, de douleur et de dépression. Ces résultats pourraient également être la pièce manquante du puzzle expliquant pourquoi certaines personnes répondent bien à la kétamine comme antidépresseur alors que, de manière frustrante, elle ne semble pas du tout aider d’autres personnes. Ces résultats renforcent l’idée que les conditions d’expérimentation doivent être extrêmement bien contrôlées. Jeffrey Mogil, Professeur à l’Université McGill avait déjà observé ce phénomène en 2014 et recommande d’ailleurs de préciser le genre des expérimentateurs dans toute expérimentation comportementale.
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