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À la découverte des variations du niveau de douleur

De nombreuses études ont démontré que l’intensité de la douleur fluctue de manière importante à travers le temps et/ou les personnes. La variabilité de l’intensité de la douleur n’est pas seulement un dérivé des approches de mesure et est influencée par une myriade de facteurs. Par exemple, certains facteurs peuvent être associés à une plus grande variabilité de l’intensité de la douleur tels que les facteurs démographiques (comme un âge plus jeune ou un indice de masse corporelle plus élevé), cognitifs et psychologiques (comme l’utilisation de stratégies de distraction plutôt que de se concentrer sur la douleur ou les symptômes dépressifs plus importants) et neurophysiologiques (comme une plus grande amplitude des oscillations gamma).

BUT

Nous nous remémorons une expérience antérieure en se basant souvent sur les émotions ressenties à l’apogée de la situation et sur les émotions les plus récentes. C’est la règle pic-fin qui influence la mémoire d’une situation ou d’une expérience. Compte tenu de cette règle, il est avantageux de mesurer la douleur en tant que processus dynamique en temps réel avec des méthodes comme l’évaluation écologique momentanée (EMA). L’équipe de recherche fait état d’une étude utilisant l’EMA pour (1) décrire l’étendue et la stabilité de la variabilité de l’intensité de la douleur chez les personnes vivant avec une douleur lombaire persistante, (2) identifier les variables démographiques et psychosociales prédictives de cette variabilité et (3) étudier les associations entre la variabilité de l’intensité de la douleur et les retombées psychosociales (p.ex. la qualité de vie et l’invalidité) et l’utilisation des services de santé (p.ex. le nombre de professionnels de la santé rencontrés, la polypharmacie).

Méthodologie

L’étude comprenait 140 adultes vivant avec une lombalgie persistante (d’une durée de plus de trois mois) et ayant rencontré un professionnel de la santé au sujet de leur douleur au cours des deux derniers mois. Les personnes ont répondu à des questionnaires de base portant sur les caractéristiques de la douleur, les caractéristiques psychosociales et les informations démographiques. Ensuite, les participant.e.s ont rempli un journal d’intensité de la douleur momentanée en utilisant un modèle de guidage basé sur des intervalles de temps : 1) le matin au lever, 2) deux fois au hasard dans la journée lors d’un signal auditif programmé pour sonner entre 9 h et 12 h et entre 13 h et 18 h, 3) juste avant de prendre les antidouleurs pro re nata (PRN) et 4) le soir avant de dormir. À l’aide d’un modèle linéaire hiérarchique d’échelle de localisation avec une fonction de vraisemblance normale, les scientifiques ont quantifié la variabilité intra-individuelle des scores d’intensité douloureuse momentanée sur deux périodes de sept jours de collecte de données.

Résultats

Les résultats indiquaient une grande variabilité individuelle dans l’évaluation de la douleur au cours de deux semaines. Cependant, cette variabilité n’était pas associée à la qualité de vie liée à la santé mentale et physique, à l’interférence de la douleur, au nombre de prestataires de soins consultés et à la polypharmacie. Aucun prédicteur de la variabilité intra-individuelle de l’intensité de la douleur n’a été identifié. En revanche, d’autres mesures de la douleur obtenues à partir des EMA dans d’autres études comme la douleur maximale, la variabilité de l’intensité de la douleur ou la durée de la douleur extrême étaient associées à divers aspects du fonctionnement physique et social et des symptômes dépressifs.

À Retenir

La variabilité de l’intensité de la douleur diffère selon les patient.e.s, mais les corrélations restent difficiles à comprendre. Ces résultats montrent que la variabilité ne permet pas à elle seule de cerner tous les effets de la fluctuation du niveau de douleur sur le bien-être du patient, sur les répercussions psychosociales ou sur l’utilisation des soins de santé.

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