Retour aux articles
Images website13

L’évaluation des échelles d’expressivité de la douleur chez les mammifères non humains

Les changements d’expressions faciales en lien avec la douleur ont été identifiés chez de nombreuses espèces animales autres que l’humain. Par exemple, les souris, les rats, les lapins, les furets, les chats, les chevaux, les ânes, les moutons et les porcs changent la position des oreilles et le niveau d’ouverture des yeux lors d’un état douloureux. Les scientifiques ont donc mis au point des échelles d’expressivité permettant d’évaluer les changements dans les expressions faciales. Ces échelles peuvent être utilisées pour la reconnaissance, l’évaluation et le traitement de la douleur en recherche biomédicale et chez les patient.e.s en médecine vétérinaire. Ces échelles peuvent contribuer grandement au bien-être des animaux, car la douleur peut être traitée dès qu’elle est détectée.

But

Les échelles d’expressivité doivent passer par plusieurs étapes de validation pour s’assurer qu’elles mesurent ce qu’elles sont destinées à mesurer (dans ce cas, la douleur, et non d’autres émotions négatives comme la peur ou l’anxiété). Ces outils doivent être fiables, c’est-à-dire- que différentes personnes donnent des scores similaires, ou que la même personne donne des scores similaires dans le temps. Les caractéristiques comme la validité et la fiabilité sont appelées « propriétés de mesure ». Dans l’étude du Dr Paulo Steagall publiée dans la revue Pain, l’équipe de recherche a utilisé des critères scientifiques rigoureux pour évaluer la qualité des propriétés de mesure des échelles d’expressivité utilisées pour les mammifères non humains. Ce processus est un examen systémique de la littérature.

Méthodologie

Une recherche approfondie de la littérature a permis d’identifier des travaux scientifiques portant sur l’élaboration et la validation d’échelles d’expressivité chez les mammifères non humains. Ensuite, deux chercheur.e.s ont évalué indépendamment si les propriétés de mesures étaient indiquées dans ces travaux et si les méthodes employées étaient justes. Les chercheur.e.s ont atteint un consensus et attribué des scores à chaque propriété de mesure de chaque étude ainsi qu’aux échelles d’expressivité. Ainsi, le degré de preuve de chaque échelle d’évaluation a été classifié de manière globale comme élevé, modéré ou faible. Cela indique si l’outil peut être utilisé en toute confiance avec une validité et une fiabilité satisfaisantes selon les normes scientifiques les plus élevées.

Résultats

Cette étude a trouvé 52 articles utilisant 12 différentes échelles d’expressivité pour neuf espèces (souris, rats, lapins, chevaux, porcelets, moutons ou agneaux, furets, chats et ânes) avec une variabilité notable quant aux propriétés de mesure. Parmi celles-ci, les échelles d’expressivité pour la souris, le rat, le cheval et le félin présentaient un niveau de preuve élevé. Les échelles pour le lapin, l’agneau, le porcelet, le furet et le mouton présentaient un niveau de preuve modéré. D’autres échelles pour les moutons, les chevaux et les ânes présentaient un faible niveau de preuve.

À retenir

L’étude a permis d’identifier les lacunes dans la littérature afin de guider les recherches futures à améliorer les propriétés de mesure des échelles d’expressivité et les normes de gestion de la douleur des animaux, avec le but ultime d’améliorer leur bien-être.

En savoir plus