L’estradiol est une hormone sexuelle féminine des mammifères majoritairement sécrétée par les ovaires. Sa supplémentation est principalement utilisée afin d’atténuer les effets indésirables de la ménopause. Il s’avère que la prévalence de l’arthrose, une maladie articulaire progressive et persistante associée à de la douleur, est prépondérante chez les femmes de ce groupe d’âge, suggérant qu’un déficit en estradiol accompagne l’émergence de la douleur arthrosique.
BUT
L’un des principaux symptômes et cause principale de consultation médicale chez des patient.e.s développant de l’arthrose est la douleur musculosquelettique persistante et invalidante, désavantageant particulièrement les femmes ménopausées. À long terme, le système nerveux central devient fragilisé et les dommages sont irréversibles. Il devient donc impératif de bien comprendre les mécanismes douloureux sous-jacents dans un but de mettre en évidence des nouveaux traitements et d’améliorer la qualité de vie des patient.e.s. Dans cet article, les chercheur.e.s ont voulu démystifier le rôle de l’estradiol sur les niveaux perçus de douleur arthrosique.
Méthodologie
Pour ce faire, l’équipe de recherche du Pr Troncy a évalué la perception douloureuse chez des rongeurs ayant développé de l’arthrose, en particulier des rats femelles sans ovaires exposées (ou pas) à une supplémentation iatrogène en estradiol. Les évaluations incluaient des tests biomécaniques et de sensibilité sensorielle, ainsi que la mesure de neuropeptides de la douleur dans la moelle épinière.
Résultats
Les résultats de cette étude ont permis de démontrer qu’une stérilisation (ovariectomie) des rats femelles n’était pas inoffensive et qu’une supplémentation préventive en estradiol permettait de normaliser les niveaux de douleur persistante de façon significative dans un modèle d’arthrose induit chirurgicalement, confirmant l’interférence possible de l’estradiol avec les mécanismes de perception de la douleur.
À Retenir
Les données de cette étude préclinique suggèrent un effet analgésique (anti-douleur) de l’estradiol pour le soulagement de la douleur persistante liée à l’arthrose et pour l’amélioration du bien-être éventuel des candidat.e.s pouvant être affligé.e.s par cette pathologie :
1) L’arrêt de production d’estradiol à la ménopause apparait comme un facteur important dans le déclenchement de la douleur arthrosique chez la femme (beaucoup plus affectée naturellement que l’homme).
2) La supplémentation en estradiol apparait comme une voie à explorer pour contrôler la douleur arthrosique, chez la femme ménopausée, et pourquoi pas chez l’homme ?
