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Le monde crayonné, une métaphore explorant l’expérience de la douleur

Nos vies peuvent sans cesse être marquées, voir programmées face aux problèmes de santé persistants ou à aux expériences traumatisantes. La métaphore du monde crayonné exprime le fait d’organiser notre temps de manière provisoire : une date, un rendez-vous, une réunion, une soirée au cinéma ou un cours à suivre. Dans notre monde de calendriers électroniques où tout est noté électroniquement, l’utilité du crayon et des agendas a pratiquement disparu. Cependant, dans notre cas le crayon fournit un terrain d’entente de manière métaphorique pour apprendre l’ensemble de la perturbation vécue par les personnes vivant avec des problèmes de santé persistants et leurs traumatismes résiduels.

But

Richard Hovey et son équipe de recherche se sont penchés sur la métaphore du monde crayonné pour fournir un rapport qualitatif des expériences de douleur vécues liées à des problèmes de santé persistants et du traumatisme provoqué, tant physique qu’émotionnel. Cet exercice de réflexion devient un examen personnel de la vie.

Méthodologie

À l’aide de l’herméneutique philosophique appliquée, les auteur.e.s explorent les métaphores comme moyen de réflexion. Cela permet d’étendre notre compréhension des choses lorsque les mots ne sont pas suffisants pour expliquer ou interpréter les défis de la vie. En ce qui concerne la recherche qualitative, la métaphore est utilisée pour explorer et clarifier les expériences humaines complexes et sensibles pour un lectorat n’ayant pas vécu ces expériences. Trouver un terrain d’entente métaphorique contribue à l’art de la compréhension, qui est au cœur de l’herméneutique philosophique appliquée.

Résultats

À travers leur exploration de la métaphore du monde crayonné, l’équipe de recherche a identifié trois éléments clés à envisager lors de la prise en charge des personnes vivant avec de la douleur persistante et des problèmes de santé :
1) La fragilité : Trop de stress et de pression internes (le sens d’identité) et externes (les attentes de la société) peuvent perturber ce nouveau sentiment d’équilibre acquis, parfois jusqu’au point de rupture de soi, entraînant une rupture à travers nos vies de papier et crayons métaphoriques.
2) La perte : L’intensité, la durée et la perception de la douleur déterminent le degré de vie qui est perdue, non vécue et oubliée. Nous nous éloignons de ce que nous pensions être avant la douleur persistante. Les choses qui comptaient pour nous commencent à disparaître au fil du temps avec la douleur.
3) Contraintes et perceptions du temps : Le crayon qui façonne notre monde doit être bien aiguisé pour s’assurer que les rendez-vous médicaux soient programmés avec précision, que les médicaments soient dosés avec exactitude, que les points et les virgules ne soient pas confondus. Pour la personne qui vit avec la douleur, être au maximum de sa forme est un défi, qui est nécessaire pour le temps Chronos. Mais à quel prix? Aiguiser le crayon continuellement le raccourcit laissant un tas de résidus omniprésent.

À retenir

En explorant l’expérience de la douleur par l’herméneutique de la métaphore du monde crayonné, les auteur.e.s espèrent que les personnes n’ayant jamais connu la maladie persistante seront en mesure de mieux la comprendre. L’humanisation de l’expérience d’un problème de santé persistant est nécessaire à son étude et fournit une base sur laquelle les chercheur.e.s peuvent réaliser une recherche centrée sur les patient.e.s. Les clinicien.ne.s peuvent fournir des soins de santé centrés sur les patient.e.s.

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