L’hypothèse d’une différence entre femmes et hommes face à la douleur, ainsi que dans la réponse aux traitements antalgiques, fait l’objet de vives discussions. Les chercheurs explorent actuellement les mécanismes potentiellement impliqués.
Certaines douleurs chroniques, comme les migraines ou la fibromyalgie, sont beaucoup plus prévalentes chez les femmes que chez les hommes. Les femmes ont aussi une plus grande sensibilité aux stimuli mécaniques, thermiques, électriques et chimiques.
L’équipe de M. De Koninck et celle du professeur Michael Hildebrand, de l’Université Carleton, ont utilisé des tissus de moelle épinière prélevés chez 10 femmes et 12 hommes après leur décès, ainsi que des souris mâles et femelles, pour étudier les mécanismes neuronaux qui sous-tendent la douleur inflammatoire chronique. Ils constatent dans les pages du journal médical Brain que la protéine BDNF, qui accroît la sensibilité à la douleur, n’a pas le même effet sur les tissus humains masculins et les souris mâles que sur les tissus humains féminins et les souris femelles.
Deux autres études ont été publiées en mars dernier, l’une dans le Journal of Neuroscience, l’autre dans la revue Brain. La première a établi qu’une molécule appelée « peptide lié au gène de la calcitonine » (CGRP) semble impliquée dans la transmission des signaux de la douleur chez la femme, mais pas chez l’homme. La seconde a étudié deux autres neurotransmetteurs, appelés BDNF et KCC2, qui jouent un rôle dans la transmission de la douleur chez l’homme, mais pas chez la femme. Plusieurs chercheurs internationaux ont été impliqués dans ces projets et donnent leur vision sur cette question importante. Yves de Koninck de l’Université Laval a participé à deux de ces projets et en commente les résultats.
En savoir plus sur l’étude d’Yves de Koninck et Michael Hildebrand
