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Atténuer la douleur par la pensée

Peut-on se distraire de la douleur? Des études ont déjà montré que la cognition c’est-à-dire le fait de penser permet de réduire la douleur. Ce phénomène est possible, car la douleur et la cognition sont en concurrence pour le partage des ressources mentales du cerveau. Alors pourquoi ne pouvons-nous pas toujours neutraliser la douleur à l’aide de la cognition? L’équipe de recherche montre par la présente étude qu’un traitement excessif ou insuffisant de l’information cérébrale rend la douleur plus forte ou la cognition moins efficace pour bloquer la douleur.

but

L’équipe de recherche de Zoha Deldar a tenté de déterminer comment la quantité d’informations traitées pendant une tâche cognitive a un impact sur la douleur. Des exemples de tâches cognitives sont celles nécessitant de réfléchir, par exemple, le fait de choisir parmi différentes options ou de rester concentré sur une tâche spécifique. L’équipe de recherche s’est aussi intéressée à la communication entre le cerveau et la moelle épinière pendant ces tâches.

méthodologie

Pour ce projet, 38 volontaires en bonne santé ont effectué une tâche cognitive (n-back) pour laquelle la quantité d’informations était différente selon la répartition des groupes (2-back ou 3-back). Les personnes devaient différencier les carrés bleus des carrés jaunes avec plus ou moins d’informations à retenir (0-back et 2-back ou 0-back et 3-back). Dans la situation 0-back, les participant.e.s devaient indiquer la couleur du stimulus, immédiatement après sa présentation. Dans les situations 2-back et 3-back, les participant.e.s devaient indiquer la couleur du stimulus présenté deux ou trois essais auparavant, respectivement. La douleur et le réflexe de flexion (ou de retrait) ont été provoqués par une stimulation électrique au niveau de la cheville. Le réflexe de flexion donne un aperçu de l’activité de la moelle épinière et de la façon dont le cerveau bloque les messages de douleur envoyés au cerveau. Les participant.e.s devaient noter leur douleur entre 0 à 100 après chaque situation.

résultats

La douleur était diminuée par la cognition, et plus encore lorsqu’il s’agissait de traiter davantage d’informations dans les situations 2/3-back en comparaison à la situation 0-back. Cet effet dépendait en partie de la communication entre le cerveau et la moelle épinière. Il a également été observé que trop d’informations (3-back) n’étaient pas plus efficaces pour bloquer la douleur, suggérant ainsi qu’il existe une limite à cette aptitude.

Figure
Cette peinture illustre le fait qu’il est possible de ressentir plus de douleur lorsque notre attention est portée sur la douleur (à gauche de la figure, en rouge). Lorsque la concentration est attribuée à une tâche et non à la douleur, celle-ci peut diminuer (à droite de la figure, en bleu). Cette œuvre d’art a été créée par Melika Abbasi pour ce projet (Il est permis de partager cette œuvre à des fins non commerciales).

à retenir

La cognition peut diminuer la douleur grâce à la communication entre le cerveau et la moelle épinière. Ces résultats pourraient guider le développement d’interventions non pharmacologiques basées sur la cognition pour la gestion de la douleur.

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